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20040227

Courrier aux députés 27 février 2004 / lien social

COURRIER ADRESSE AUX DEPUTES,
RELATIF AUX CONSEQUENCES SUR LE LIEN SOCIAL
DE LA SUPPRESSION D’UN JOUR FERIE

Paris, 27 Février 2004

 

Monsieur le Député,

Vous aurez prochainement à débattre du projet de loi sur l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Dans un précédent courrier, nous vous faisions valoir que, si l’amélioration des conditions de cette autonomie nous semblait un objectif louable, le mode de financement retenu, à savoir la suppression du lundi de Pentecôte, nous paraît très inappropriée. Après les raisons économiques, nous voudrions vous exposer ce qui nous semble être le grand paradoxe de cette loi : présentée comme une démarche de « solidarité active », elle prétend renforcer le tissu social… en le déchirant plus encore.

Seuls deux week-ends prolongés sont chaque année inscrits au calendrier à des dates régulières : à la Pentecôte et à Pâques. Cette spécificité fait que le week-end de la Pentecôte est privilégié dans tous les départements pour organiser des activités familiales, culturelles, associatives, sportives, religieuses… Remettre en cause le jour férié du lundi de Pentecôte, c’est saper d’une part, la piété filiale qui s’exerce à l’égard des personnes dépendantes et d’autre part, tout ce travail associatif qui cimente le tissu social.

Cela signifie priver les familles d’une occasion de retrouvailles, quand leurs membres se trouvent de plus en plus dispersés aux quatre coins de la France. Ce sera tout particulièrement dommageable pour les personnes dépendantes qui vivent en établissements spécialisés en rendant plus difficiles encore les visites. La ville balnéaire de Berck-Plage en est un bon exemple. Les professionnels, spécialisés dans l’accompagnement, en milieu hospitalier ou à domicile, soulignent le déficit affectif que risque d’entraîner la suppression de ce jour férié.

C’est de plus une menace contre des fêtes importantes, reflets de cultures régionales, comme les ferias de Nîmes et de Vic-Fezensac, ou la fête de la batellerie de Moissac, qui attirent chacune plus de 100 000 personnes.

Cela nuit par ailleurs considérablement à l’organisation de tournois sportifs auxquels de nombreux jeunes participent. C’est pourtant là l’occasion d’un rapprochement entre les générations, entre les différentes régions de France et parfois d’Europe, dans la poursuite des mêmes valeurs de respect de l’autre, du goût de l’effort et du travail bien fait. De surcroît, la plupart des clubs amateurs, disposant de maigres ressources financières, tablent sur ces rassemblements pour boucler leur budget annuel. Faudra-t-il inventer un système de subventions à la charge des collectivités locales ou du budget de l’Etat pour compenser ce manque à gagner ?

Enfin, c’est causer « des dommages graves aux activités religieuses » pour reprendre l’expression de Monseigneur Ricard, porte-parole des évêques. Sont menacés tout particulièrement les pèlerinages qui ont lieu dans toutes les régions.

N’avez-vous pas, vous aussi, dans votre département, dans votre région, des manifestations culturelles, sportives, religieuses, importantes pour la France d’en bas, qui sont directement menacées ?

C’est non seulement sur ces arguments, mais aussi pour les motifs économiques (déjà exposé dans notre précédent courrier), l’alourdissement des comptes de l’Etat et des collectivités, l’injustice sociale et fiscale, que nous avons crée le Collectif des Amis du Lundi, demandant que le financement du projet de loi soit trouvé par un autre moyen que la suppression d’un jour férié traditionnel.

Quelle est votre position personnelle dans ce débat, et la position que vous défendrez lorsque le projet sera présenté à l’Assemblée ?
 
Dans l’attente de vous lire et peut-être de vous rencontrer, je reste à votre disposition et vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Jean Dionnot
Président du Collectif des amis du lundi
06-07-15-79-57
communication@lesamisdulundi.com